Putting the public back at the heart of the museum, thanks to digital technology?

Dans la lettre de l'OCIM  de mai-juin, Serge Chaumier, professeur des universités, responsable du Master Expographie-Muséographie à l’université d'Artois a dressé fin mars un premier bilan des impacts du confinement sur les musées.

Le premier constat est que face à une situation inédite, les mêmes directives ont été appliquées quels que soient les territoires ou les types d'espaces recevant du public.

Les autorités n'ont pas cherché à départager les lieux ultra-fréquentés des espaces plus confidentiels. Ce qui est fort dommage car les conséquences sont inversement proportionnelles.

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"Les musées sans public deviennent des coffres-forts".

Comment un musée peut-il assurer ses missions en étant fermé au public ?

Il est certain que le numérique est une voie à explorer pour continuer à présenter les collections des musées dans des circonstances semblables de fermeture des visites.

Mais quel est l'intérêt de "simplement" présenter un inventaire des collections en ligne ? En dehors des passionnés, ça ne fera pas venir les jeunes publics notamment.

Sans interaction, sans dialogue établi, les liens ne se construisent pas, encore moins l'intérêt.

De même que la succession de posts sur les réseaux sociaux à grand renfort de hashtags et de photos ou mini vidéos ne garantit pas un intérêt pérenne des internautes. 

Elsa Olu, muséologue-muséographe le constate clairement dans le même numéro : "Jamais la France n'avait connu une telle saturation médiatique par la culture."

Serge Chaumier souligne : "Offrir des jeux, des supports de co-construction, des propositions d'implications pour participer à des actions de type Wiki, pourraient actuellement trouver écho."

Bien sûr, même si certains établissements se sont déjà lancés, la route est encore longue et suppose de revoir les interfaces techniques mais aussi la façon de communiquer avec les visiteurs virtuels.

Ces centaines d'expositions temporaires prévues ou qui ont été coupées en plein démarrage doivent rebondir avec ces nouveaux outils. Il faudrait aussi revoir les schémas actuels sur les services additionnels au musée comme la boutique, les visites guidées ou les services d'édition pour assurer les métiers de chacun.

Même si le numérique ne résout pas tout, il reste l'un des moyens les plus accessibles et aboutis aujourd'hui pour cela. Il faudrait bien sûr le repenser en profondeur si l'on souhaite pouvoir faire face à de semblables circonstances à l'avenir.